Skip to main content
Start of main content

Les véhicules automatisés sont à nos portes. Votre budget municipal en tient-il compte?

06 janvier 2021

Selon des experts, les véhicules automatisés pourraient faire chuter les revenus municipaux. Mais s’ils permettaient plutôt de réaliser des économies?

En marge de leurs avantages indéniables – amélioration de la sécurité, de l’accessibilité et de l’efficacité de transport des personnes et des biens –, les véhicules automatisés soulèvent une question importante, quoique négligée : quelle sera leur incidence sur les revenus municipaux? Certains observateurs redoutent que cette technologie révolutionnaire ampute considérablement les revenus des villes.

Compte tenu de l’évolution rapide de cette technologie, nous ne pouvons présager de ce qui se produira, mais une chose est certaine : les villes doivent agir dès maintenant. Elles peuvent se préparer à l’arrivée des véhicules automatisés en élaborant des plans, en faisant preuve de créativité et en collaborant avec les autres ordres de gouvernement.

L’avènement des véhicules automatisés pourrait compromettre la répartition des sources de revenus, mais cela pourrait aussi ouvrir de nouvelles avenues aux municipalités prévoyantes.

Quels revenus les villes tirent-elles de l’usage des automobiles?

De nombreuses villes, dont certaines métropoles, dépendent fortement des revenus générés par le stationnement et l’usage des automobiles. Selon une étude du magazine Governing menée en 2017, les 25 villes américaines les plus importantes ont encaissé près de 5 milliards de dollars en revenus générés par l’usage des automobiles en 2016, et environ 60 % de ce montant est attribuable aux frais de stationnement et aux contraventions. Aussi, les taxes sur les carburants constituent la principale source de revenus pour plusieurs villes, et la forte dépendance à l’égard des revenus générés par l’usage des automobiles rend le budget de nombreuses petites villes particulièrement vulnérable aux changements.

La pandémie, qui impose de nouveaux modèles de travail, de déplacements et de commerce, risque de forcer la plupart des villes à repenser leur financement de manière générale. De nouvelles avenues de mobilité, comme le covoiturage et la micromobilité (scooters et vélos), avaient déjà commencé à remodeler les transports urbains, bien avant la pandémie. Ces tendances présagent une plus grande incertitude pour ce qui est des budgets municipaux.

Parcs de stationnement vides, caisses vides?

Les véhicules automatisés représentent-ils une grave menace pour les revenus municipaux? Dans quelle mesure les villes doivent-elles s’inquiéter?

Si, comme certains le prévoient, les véhicules automatisés sont employés pour des services de covoiturage à bas prix, le nombre de propriétaires de voitures pourrait diminuer, entraînant une baisse des revenus d’immatriculation. Aussi, les véhicules automatisés circuleront peut-être de façon continue et utiliseront peu les cases de stationnement dans les quartiers commerciaux (comme le font les conducteurs d’Uber ou de Lyft, qui recherchent des places éloignées et moins coûteuses, ou qui rentrent chez eux), ce qui diminuerait les revenus générés par les stationnements et les parcomètres. Mais ce n’est pas tout. Les véhicules automatisés étant programmés pour respecter le code de la sécurité routière et « communiquer » entre eux et avec les feux de circulation en réseau, le nombre d’infractions au code de la sécurité routière chutera, entraînant ainsi une baisse des revenus provenant des contraventions. Les centres de congrès et les aéroports, dont l’exploitation dépend souvent des revenus de stationnement, pourraient aussi en souffrir.

La stratégie d’entrée sur le marché des véhicules automatisés pèsera dans la balance

Les véhicules automatisés n’entreront pas dans nos vies tout d’un coup, mais plutôt de manière progressive, en commençant par les applications spécialisées. L’incidence sur les revenus municipaux se fera ainsi sentir graduellement, et les villes auront du temps pour s’adapter.

Les technologies n’ont pas fini d’évoluer, mais il y a fort à parier que les premières applications toucheront le transport en commun et le camionnage, où les itinéraires sont généralement fixes et prévisibles. Les voitures entièrement automatisées détenues par des citoyens généreront beaucoup plus d’effets sur les budgets, mais leur prix élevé (à tout le moins dans les premiers temps) retardera leur adoption généralisée. Autrement dit, à court terme, les véhicules automatisés auront peu d’effets sur les revenus municipaux.

Les véhicules automatisés pourraient très bien permettre de réaliser des économies. Ils sont susceptibles d’entraîner une réduction du nombre de collisions, ce qui signifie moins de recours aux services ambulanciers et de réparations aux poteaux d’éclairage et aux rues. La baisse d’utilisation des stationnements entraînera possiblement une réduction des dépenses de gestion. Les villes pourraient affecter le personnel administratif et d’application de la loi à d’autres tâches. Les véhicules automatisés peuvent favoriser l’optimisation de certains services, comme la collecte des ordures, les rendant ainsi moins coûteux.

En résumé, les véhicules automatisés affecteront les budgets de plusieurs manières – et ils pourraient même entraîner une augmentation des budgets.

Plusieurs villes dépendent fortement des revenus générés par le stationnement et l’usage des automobiles. Une étude menée en 2017 a révélé que les 25 villes américaines les plus importantes ont encaissé près de 5 milliards de dollars générés par l’usage des automobiles en 2016.

Que doivent faire les villes?

Malgré l’incertitude qui règne, les villes peuvent commencer à planifier en fonction des véhicules automatisés dès maintenant. Elles auraient tout à gagner à prendre trois grandes mesures :

  1. S’informer d’abord, puis planifier. Les responsables municipaux peuvent commencer dès maintenant à s’informer sur les véhicules automatisés afin d’en évaluer les répercussions au fur et à mesure de leur intégration aux réseaux de transport actuels. Ils peuvent élaborer des plans d’action pour les scénarios les plus probables et des plans d’intervention pour les moins probables.
  2. Faire preuve de créativité. La planification doit reposer sur une vision élargie : il faut évaluer si la réduction des frais de gestion du stationnement peut compenser les pertes de revenus, étudier le contrôle et la demande des espaces en bordure de trottoir, et réviser les politiques et le zonage afin d’encourager la conversion des stationnements en des utilisations génératrices de revenus (par exemple, les stationnements d’aujourd’hui pourraient devenir les terrains aménagés de demain). Il faudra aussi voir comment récupérer des places de stationnement en bordure de rue pour les transformer en atouts, comme des espaces verts et des terrasses pour les restaurants (une mesure imposée par la pandémie et susceptible de rester), ou les utiliser pour promouvoir le développement économique en créant des aires désignées pour les camions de cuisine de rue ou pour les petites entreprises. L’espace de stationnement libéré peut aussi être transformé en voies réservées au transport en commun ou aux vélos afin d’améliorer la qualité de vie tout en stimulant les investissements.
  3. Collaborer avec les autres ordres de gouvernement. Les solutions novatrices pour remplacer les taxes sur les carburants, comme les frais d’utilisation et le péage lié à la congestion, nécessiteront une collaboration des autorités municipales avec les administrations régionales, étatiques ou provinciales. Dans certaines régions, ces idées sont déjà mises à l’essai. Les villes qui prennent l’initiative de proposer de nouveaux modèles seront en meilleure posture pour revendiquer les revenus futurs.

Si les véhicules automatisés sont employés pour des services de covoiturage à bas prix, comme certains le prévoient, le nombre de propriétaires de voitures pourrait diminuer, entraînant une baisse des revenus d’immatriculation.

Ce que nous réserve l’avenir

Tout porte à croire que les véhicules automatisés feront leur entrée progressivement, en commençant par les applications spécialisées. Cela laissera le temps aux villes d’évaluer la situation et de planifier la voie à suivre. Bien que les véhicules automatisés pourraient bien changer la répartition des sources de recettes, les villes ne doivent pas négliger les avantages potentiels de cette technologie dans l’exercice de planification – pensons au réaménagement du domaine public ou aux revenus issus des nouveaux aménagements. Les responsables municipaux avisés entreprendront, au cours des prochaines années, de positionner leur ville en vue des grands changements à venir.

Comment les villes peuvent-elles établir des plans en vue d’adoucir la transition? En se concentrant sur les éléments essentiels, en recherchant des idées nouvelles et en s’alliant avec les meilleurs partenaires qui soient dès le début. Bonne route!

Traduction du blogue publié originalement sur le site Ideas de Stantec.

End of main content
To top