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Le carbone, un terme commun pour parler du changement : agissons dès maintenant

05 novembre 2020

Les émissions de carbone influencent tout, de l’économie à notre santé. C’est pourquoi il nous faut une approche intégrée de la réduction du carbone

Par Rachel Bannon-Godfrey

Les émissions de carbone influencent le climat, qui a lui-même des répercussions sur notre santé, notre économie et nos moyens de subsistance. Aujourd’hui, nos collectivités sont aux prises avec une pandémie mondiale et un ralentissement brutal de l’économie. Certains disent que ce n’est pas le moment de parler du climat. On ne saurait être plus loin de la vérité! Le temps est venu d’utiliser tous les moyens à notre disposition pour réduire considérablement nos émissions de carbone, car elles touchent à tous les problèmes auxquels nos collectivités sont actuellement confrontées et en sont même un amplificateur.

Le carbone est une cause fondamentale des crises socio-économiques et de santé publique dans le monde entier, mais il peut aussi être un indicateur de mesure commun. Nous avons besoin de ce paramètre pour convenir d’une approche visant à créer l’avenir carboneutre dont nous avons si urgemment besoin. Dans notre pratique, nous constatons une convergence des disciplines entourant la quantification de l’impact du carbone opérationnel et intrinsèque et de la force des solutions technologiques et naturelles. Cela va de la modélisation à l’échelle atmosphérique de la science du climat jusqu’aux plantes que nous choisissons pour la conception d’un site, en passant par les capteurs, les systèmes et même les matériaux que nous utilisons dans un bâtiment.

Le bâtiment administratif de Denver Water à Denver (Colorado), qui a été conçu selon la norme LEED Platine et qui présente un bilan zéro énergie nette.

Pendant la phase de gestion de la pandémie, tout le monde apprivoise tant bien que mal la nouvelle réalité. En même temps, nous imaginons et nous planifions des changements sociétaux pour les phases de reprise imminentes. Cette discussion est largement motivée par des considérations économiques et le rendement sur le capital investi à court terme.

Combien de fois avons-nous eu la chance de changer de manière aussi radicale le fonctionnement de la société? Ne la gâchons pas! Nous ne devrions pas avoir besoin d’une pandémie pour apporter des changements d’une telle ampleur, mais voilà où nous en sommes. Profitons de cette « réinitialisation » forcée pour créer un monde moins vulnérable et mieux adapté aux futurs impacts du changement climatique.

Que faisons-nous? Nous sommes très attentifs aux liens qui se dessinent entre les émissions de carbone et la santé des collectivités vulnérables. Nous convenons d’adopter le carbone comme unité de mesure du principe « agir dans l’intérêt collectif » et nous misons sur la collaboration interdisciplinaire et intersectorielle pour viser un bilan émissions-séquestration positif net.

Carbone, climat et santé

Il existe un lien clair entre les émissions de carbone, les changements climatiques et notre santé collective. Mais ce lien est plus évident à certains endroits qu’à d’autres. En fait, ce sont souvent les collectivités qui ont le moins contribué aux émissions qui souffrent le plus des effets du changement climatique sur leur santé.

Cette injustice a été clairement mise en évidence par la pandémie de COVID-19. Dans les collectivités exposées aux pires conditions de qualité de l’air en raison des émissions de gaz à effet de serre des véhicules, des centrales électriques et des installations industrielles, les gens sont plus susceptibles de souffrir de problèmes respiratoires, ce qui les rend plus vulnérables à des maladies comme la COVID-19. C’est ce que nous entendons par le cercle vicieux carbone-climat-santé. Et c’est la grande question qui sous-tend notre travail.

Une approche intégrée de l’évaluation du carbone apporte une valeur ajoutée aux clients et aux projets. Phase II du Canada Education Park de la University of the Fraser Valley, à Chilliwack (Colombie-Britannique).

Le carbone : un paramètre unificateur

Depuis trop longtemps, chaque discipline de conception parle un langage différent en matière de développement durable. De la consommation d’énergie des bâtiments aux percentiles des eaux pluviales recyclées, chacun de ces paramètres est important pour promouvoir une conception durable et nous devons les prendre tous en compte dans nos décisions techniques. Mais l’absence d’un langage commun à l’ensemble de notre secteur d’activité constitue parfois un obstacle à l’effort collectif qui permettrait un véritable changement.

Au demeurant, grâce aux récentes avancées dans les logiciels et les moyens de transmission de l’information, qui touchent aussi bien l’équipement d’usage individuel que les réseaux et les centrales électriques, le carbone s’impose de plus en plus comme un critère universel. Toutes les disciplines peuvent ainsi participer à la même conversation et l’éventail des impacts à prendre en compte dans l’évaluation de la réussite d’un projet s’en trouve élargi. Le travail de chaque discipline – sa spécialité – peut ainsi être quantifié en termes de contribution à l’équilibre du bilan émissions-séquestration.

Combien de fois avons-nous eu la chance de changer de manière aussi radicale le fonctionnement de la société? Ne la gâchons pas!

Une approche multidisciplinaire intégrée

En nous unissant autour de la mesure du carbone, nous pouvons adopter une approche multidisciplinaire qui s’affranchit des frontières géographiques et commerciales. Nous avons créé un groupe de travail composé d’ingénieurs en structures, de paysagistes, de rédacteurs de cahiers des charges, d’ingénieurs en performances des bâtiments et de consultants en durabilité qui collaborent pour diffuser des outils et technologies permettant de calculer et de réduire le bilan carbone de nos projets. Nous pensons que cette approche intégrée de l’évaluation du carbone apporte une valeur ajoutée à nos clients.

La revue 2020 du projet Drawdown établit une analogie entre l’atmosphère pleine de gaz à effet de serre et une baignoire qui déborde. Pour remédier au problème, il faut non seulement s’attaquer immédiatement à la source du débordement – fermer le robinet et cesser de relâcher des gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère –, mais aussi ouvrir la bonde d’écoulement pour laisser sortir une partie de ces GES. Cela signifie qu’il faut séquestrer, c’est-à-dire stocker, le carbone. Notre secteur doit penser au-delà de l’empreinte d’un bâtiment et aborder le bilan carbone sous ses deux angles : réduction des émissions et séquestration.

Dans le rapport spécial 2018 du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), qui porte sur le réchauffement planétaire, presque toutes les pistes analysées s’appuyaient dans une certaine mesure sur des solutions d’élimination du carbone. Les approches de réduction du CO2 dans l’atmosphère entrent dans trois grandes catégories : les solutions naturelles, comme le reboisement et la restauration des écosystèmes; les solutions technologiques de capture du carbone; et les approches hybrides, comme les technologies utilisées pour améliorer l’agriculture et la gestion des terres. Les concepteurs, les écologistes et les décideurs politiques doivent lutter contre le carbone à tous les niveaux, que ce soit dans un bâtiment isolé ou un bassin versant. Aujourd’hui, nous sommes confrontés à une pandémie qui reste pour tous une menace catastrophique et imminente, mais nous pouvons profiter de cette « réinitialisation » pour choisir une nouvelle orientation vers un avenir sobre en carbone.

Capture du carbone : notre capital naturel

En plus de poursuivre notre travail de construction de bâtiments à zéro émission nette, nous envisageons d’intégrer dans nos projets des technologies de capture du carbone comme CarbonCure et de modifier nos cahiers des charges standards pour y inclure des normes de carbone intrinsèque du ciment.

L’équipe des Espaces urbains de Stantec évalue l’empreinte carbone de ses aménagements paysagers et calcule combien d’années il faudrait pour atteindre un bilan positif, ce qui signifie que le carbone intrinsèque total des matériaux utilisés est inférieur au carbone séquestré par les arbres, les plantes et les autres espèces naturelles.

À plus grande échelle, nos équipes des Services environnementaux travaillent sur des évaluations du capital naturel des sites et de paysages entiers afin d’aider leurs clients, des gestionnaires de portefeuille jusqu’aux municipalités, à mieux comprendre l’impact environnemental de leurs investissements.

Le capital naturel quantifie la valeur de la biodiversité d’un site et son impact sur la nature et la santé humaine, plutôt que la seule valeur immobilière du terrain ou le nombre de places de stationnement qu’il peut offrir. Au lieu de parler seulement des émissions de carbone associées à un bâtiment, nous examinons également le potentiel de séquestration du carbone du paysage qui l’entoure. Une fois que nous avons évalué la valeur de la biodiversité du site, nous pouvons envisager des solutions naturelles pour améliorer sa résilience aux événements climatiques, comme les inondations ou les vagues de chaleur. Nous considérons les solutions naturelles comme des approches « sans regret », car leur utilisation ajoute de la valeur à un site en procurant des avantages pour notre santé et notre bien-être, même si le résultat n’est pas pleinement atteint. Et en prime, les solutions naturelles sont généralement les plus rentables.

Traduction du blogue publié originalement sur le site Ideas de Stantec.

 

À propos de l’auteure :

Sous la direction de Rachel, nos équipes travaillent à élargir la définition d’un concept de création de locaux et de sites qui non seulement optimise la performance des bâtiments, mais aussi contribue à la santé et au bien-être de nos clients et de leurs employés.

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Build Date: 2022-44-28 08:44:26